Reste

Le Plongueur de Paestum

Le ciel ne parle pas, ne dit rien, reste dans le silence. L’heure de la rue est celle des cadrans de brume, il n’est rien d’image ou de son, rien d’étoile, rien au fond que la fange passantes des citoyens que brassent la cité déchirée de sa première terre.

*

Homme ; trouble symptôme d’un visage et d’un rire.

*

Fragment de soleil. La chute ne se regarde pas. Elle s’écoute. On l’entend juste quelque part, comme une âme déplacée d’un autre temps, vague et rouge.

*

Eclat d’astre horizontalement remplacée par la mer ; partout, en toutes vies, il est un moment où l’océan clame à chacun une sentence qu’il s’agira d’oublier.

*

Demeurer dans l’ombre.

*

L’horizon : une image qui se serait oubliée.

*

Laisser à la parenthèse le temps de faire mourir mes mots.

*

Répétées, les ruines lançaient sur le ciel d’absurdes pointes de guerre.

*

Hâve persistance de la lumière.

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Aphone affaissement de l’ombre où rien ne se rattrape jamais.

*

Quelque part quelqu’un tombe, laisse où il est sa trace, s’enfonce dans la terre, trouble son regard à notre vue et attend, avec patience, que nous passions en silence son corps sourd à la tombe.

*

Les sans-voix règne ici sur la pierre.

Attendre qu’ils se soient étouffés

*

 Elle vague l’ardeur allongée de la nuit.

*

Mémoire pendu aux lierres ; fragment des étoiles rabotée sur les murs, ouverture enchâssée large et grave dans la peau de ce que nous tentions de rêver, jamais rien n’avait été aussi blanc que cette obscure pureté.

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Toujours dépassé par l’abime et l’ennui.

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Quelque chose grandira dans la mer ; cloîtrera l’océan dans un cercle et finira par nous étreindre tous et mourir.

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La matière se distance et laisse dans toute stance de la caresse son vertige.

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Fugue de vide.

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L’agate ment dans sa gangue d’oubli.

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Echo d’aphonie.

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Mépriser l’angoisse et sentir l’aurore contre soi impartialement tombée.

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Signe l’écume de l’écoute des eaux.

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Racheter le temps à la mort et quérir quelque part une respiration.

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Elle luminait, patiente, en attendant sa ruine. Grave éclat de pluie ; sonore écho du sol ; frappée en plein cœur comme un effondrement.

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Soudain s’étonne quelque chose et partout se livre en une peau large et monstrueuse le monde.

*

Insignifiance béante de ces mots qui de dehors s’épanchent de moi.

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Amorphe, là, et si proche qu’il suffirait d’y croire.

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Nier et suivre son refus dans l’horreur.

*

Aujourd’hui de la brisure ; aujourd’hui du commun, aujourd’hui comme ce qui en tout temps laisse des balises de noir.

*

Impossible glissement de mes membres ; sur la vitre se décuple mes doigts et vrille en miroir mon visage. Elle raconte paysagement son jour et dehors, dehors calque contre ses yeux la pluie.

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Honteuse et vibrante ; j’engouffre dans mes lèvres ce qu’il reste de lumière.

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Collinante amer écrasée par un pan vigoureux de soir ; noir, gris, bleu comme à la mer bizarrement arrachée.

*

Son visage portait l’ombre et sa désillusion

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