Insomnie #4

Une nuit semblable, blessé d’un même désir sans geste et sans voix, soulignera ta présence par une bordure d’ombre bleue. L’heure sera passée et tu seras là, contre ta fenêtre à imprimer des mensonges pour remplir le jour. Dehors, il y aura une barre de lumière perçante et cette ville que tu habites et où rien de ce qui se fait derrière les vitres ne peut jamais sourdre et venir jusqu’à toi ; souffre du vertige de ce lieu clos, muet, qui ne dit rien à personne, duquel personne ne connait rien et qui s’agite, sombrement, s’épanche sur celle qui ne dort pas. Il te faut encore porter cette promesse, répétée contre tes yeux, arrachée aux toitures et laissée contre toi, sans secours, dans la pierre. Ne crois pas que tu portes un masque ou qu’il te faut mentir ; songe que ton geste est une illusion, qu’il te faut simplement voir celle que tu laisses loin des voix pleines du monde mort. Il te faut encore porter cette promesse, délassé à ta peau, signée au bas des choses, qui marque ta faiblesse et ton parjure heureux. Parle. Agite tes membres et surtout ne pense pas à ce que tu ne trouveras plus, ceux qui ne cherchent plus à te voir ou ce qu’il te faut nier. Elle est là et impossible de dormir alors que tu creuses la fosse où tu voudrais te voir.

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