(Manifeste) Fantôgraphie n°2 – Martin Tamare

jean

Si nous creusons dans la matière des façades, si nous dépossédons les immeubles de ce qu’ils ont de denses, de lourds, de ce qu’ils ont de présences, alors, en lieu et place des murs, il ne reste que de grandes fenêtres ouvertes sur l’envers, sur ce qui « se cache derrière ». Souvent, j’imagine que je scalpe ainsi les rues, que j’ôte doucement le vêtement que porte la ville, jusqu’à arriver à sa chair cachée, à sa peau grise ou bleue. À la place des murailles de pierres qui encerclaient mon regard, il n’y alors qu’un enchaînement complexe de transparences, de vitre sans fard ni tain, ou les gens déambulent, s’agitent, se laissent voir. Je pense alors que mon couteau parvient lui aussi à éplucher les âmes vivantes des ceux qui vivent là et que toute la matière organique disparaît elle aussi, ne laissant place à rien qu’une pure et simple existence, un être-là posé sur de la transparence. Des fantômes.

Martin Tamare, Fantôgraphie, « Fantôgraphie n°1 »

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