Monologue #1

Du plus loin de mon espace vient le son froid d’astres que je ne peux voir, d’étoiles brûlées sur le dos, et ainsi je sais que je suis loin encore des confins, loin des frontières de ma pièce, je le sais car moins qu’un son il s’agit d’un murmure ou d’un chuchotement, étouffé par des couches et des couches d’air nocturne, égaré dans l’immensité nuiteuse de ma chambre, je n’entends rien de plus qu’une voix effacée par la distance, et je sais que du temps reste encore avant que ne tombent mes murs, que ne s’ouvre ma fenêtre, je sais que ma porte restera close cette nuit de nouveau, et même si aux bornes de mon royaume, vers les marches sauvages où le radiateur crépite, ou dans les défilés humides de mon placard clos, s’agite une vie étrangère à la mienne, une menace sourde, je sais n’avoir rien à craindre immobile au centre du centre du monde. Ainsi, même si du plus loin de mon espace quelque chose se dit de l’ailleurs, même si depuis l’horizon le dehors menace, ici, chez moi, planté dans la terre, couché dans mon lit, je sais que rien ne me menace et je dors.

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