Bouche close

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Il faut savoir un jour se taire
Comme on s’enterre lèvres closes
Du silence à ses lèvres roses
Jetée de fleurs poignée de terre

C’est à son deuil que l’on répond
La bouche en cœur la bouche en rond
Tête penchée sur ce qui dort
Dans son cœur gris ou son cœur mort

Et ceux qui passent dans la rue
Portent sur leurs épaules nues
Le corps si long de la nuit même
L’œil creusé le visage blême

Et c’est ta peau ou ta tristesse
Que je portais sous les averses
Le soleil même était noyé
De l’eau sèche de notre été

Maintenant il faut vivre encore
Vivre bas comme l’on s’endort
Avoir la vie des nuits tombées
Juste debout juste couché

 Chercher ce qui n’existe plus
Un soir bleu-blanc de mai peut-être
Un soir qui a dû disparaître
Et où nous nous sommes perdus

 Il faut savoir un jour se taire
Être muet contre sa nuit
L’ennui commence avec la vie
Et tout amour est une guerre

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2 commentaires pour Bouche close

  1. Palimpzeste dit :

    J’aime beaucoup ! Merci pour ce partage 🙂

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