L’Aveugle

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Tu triches, l’œil mi-clos, gisant, couvert d’étrangeté. Aveugle-né, tu n’as pas le souvenir des couleurs et tu ne perçois du monde rien d’autre que ce quelque chose qui gît en toi, cette ancre ou cette roche ancienne autour de laquelle tu respires. Pourtant, ta chair entière est gangrenée de lumière, ta peau et ton ombre se confondent en une unique clarté. Mais tu triches, tu dors d’un sommeil faux et sans rêve, et tout ce qu’il faudrait en toi nommer t’échappe. Il y a, derrière ton mur, une nuit où tu pourrais loger, où tu pourrais t’enterrer longtemps. Il te suffirait de pousser quelque part une pierre qui tomberait dans le silence, viderait la nuit de sa substance pour la faire rentrer, pour la faire venir toute entière d’entre mes murs jusqu’à toi.

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Un commentaire pour L’Aveugle

  1. Kevin dit :

    LOL c bo !

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