Alderidos

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« J’abriterai un jour Alderidos et ses orages, les futaies bleues dévorées par la chaleur des Andes et en moi toutes les plaines de cendre, toutes les éternités remplaceront mes organes et mon sang. La nuit aura le goût de l’alcool blanc et des morts. J’étendrai mes membres sur la piste pierreuse, j’ouvrirai ma bouche pour m’y fondre entier et s’engloutiront en moi des milliers d’âmes : voyageurs, égarés, toutes traces disparues sur ma langue. Nous retrouverons Alma, tombée au fond d’un gouffre bien avant notre venue, elle aura eu le temps d’imaginer toutes les fins possibles et sera vêtue d’une longue longue robe noire, d’une longue robe de cobalt, une pierre si lourde que tomber quelque part ce sera y rester toujours. La mémoire sera tout ce que j’aurais gardé et pour ne pas la perdre je ne cesserai d’inventer des histoires, d’édifier en elle des palais où je ne classerai rien, ni images ni mots, ni gestes ni paroles, mais où je tenterai de faire entrer le désert. Là, ma tête emplie de dunes et de falaises, ma tête transformée en montagnes, j’oublierai et ce sera heureux. »

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