L’éboulement

20170215_083132-2

Adviens cœur crépusculaire : chaque jour comme un éboulement. Viens, couvre nos villes de grisailles, déplie nos rues pour faire paraître la noirceur qui s’y cache ; toutes nos traces semblent être faites pour être piétinées. Décore les places de notre lâcheté d’ombres : tout t’attend, nous sommes ce qu’il faut être pour t’aimer. Nous avons dépouillé la mort de son masque, falaises et criques sont tombées en morceaux, nous avons puisé au fond de la dernière des mers la peur et l’angoisse, tout cela pour te les rendre ; puis, finalement, parce qu’on ne savait que faire du ciel qui nous restait en trop – après avoir épluché le langage, les choses et le monde de ce qu’on appelle l’essence -, nous nous sommes couchés, faces tournées vers le vide, pour nous oublier lentement. Maintenant, il ne manque que toi pour être tout à fait seul : l’espace a été scrupuleusement dénudé et il est difficile d’y distinguer quelque chose. Ici et là s’entrechoquent des fragments de montagnes, des bouts épars de je-ne-sais-quoi qui semblent être étoiles, lunes, planètes autrefois lointaines et dont on ne peut plus connaître la place. Adviens donc, cœur méandre, nous t’attendons, notre demi-sommeil accompagnera ta chute et peut-être nous sera-t-il permis de te le dire, dans une langue d’avant la langue, et de t’aimer encore, ainsi que nous t’aimions avant que d’être mort.

Cet article a été publié dans Prose. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s