[En cours]

20150720_201924-2

tant d’égarés se partagent mon ombre, sais-tu
qu’à force de vivre on ne sait plus ni nommer
ni mentir, qu’à force de vivre on ne sait plus
ni écrire ni penser ; je sens peu à peu ma langue
se clouer aux plafonds
et mon palais s’effondrer comme
une tour de mille ans, je voudrais tant
aimer quelque part où il ne faudrait ni dire ni faire
ni trahir ni voiler :

dois-je dire, lent poison de la parole, tous ces rêves
rêvés par d’autres, toutes ces nuits dénudées,
dérobées, toutes ces nuits laissées
à une seule voix ?

dois-je dire mes chimères, oh nuit tragique et violente,
mes visions, mes visages, les mirages où je t’ai
confondu ?

t’écrire est un long cauchemar, je ne cesse de revenir
en arrière ; ma voix se déporte, se déplace vers
un océan de misère
hier j’ai pleuré d’avoir vu une pierre mortellement
couverte de nuit

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2 commentaires pour [En cours]

  1. astupidboy dit :

    Vraiment sublime…

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