Insomnie #25

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Tu t’y trouves encore, je t’y vois. Fantôme, la pluie étrange et fine te couvre d’un vêtement à l’odeur tenace. Les pierres, à ta place, ont la tendresse d’un lit chaud. Nous étalions, souviens-toi, la lumière pour lui donner du goût et nous accrochions notre foi aux façades de la cathédrale. Nous pensions : « le temps est une chose dont l’on rit aisément ». Étouffés par la beauté, d’un coup, nous pouvions tomber n’importe où comme du vide. Et tu y es encore, immobile et tenace, plantée dans la terre. Un enseigne au-dessus de toi diffuse une tempête bleue qui ne te menace pas. L’évidence ne se plie pas aux exigences de la matière et l’on peut te retrouver partout dans les parcs, sur les bancs, au bout des chemins cachés, dans des appartements, le front confondu à la fenêtre, les yeux mélangés aux ciels, aux toits, à n’importe quoi de haut et d’impossible à voir. Il est lentement devenu impossible d’échapper aux choses qui sont dans ton halo. Maintenant, je triche souvent pour croire à ma solitude.

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