Le Retour

20180217_174355 (2)

Parfois le monde nous pose des questions, s’impose comme mystère et parfois, au contraire, il ne fait que donner des réponses. Les problèmes de notre vie quotidienne s’épuisent sur le réel comme sur une grève et il n’y a rien à faire. Les mots d’esprit, les problèmes, les énigmes murmurées sont des ombres sous la lumière d’un « Regarde ! » répété par les choses. Faut-il ainsi s’épuiser à vivre à moitié, dévoré par l’angoisse, alors qu’existe cette lumière, ce mur, ce pavé ou ce ciel ? Les pensées ne parviennent jamais jusqu’aux soirs d’hiver gelé et je laisse cette nuit mon silence contre les contreforts brûlés de la cathédrale. Je descends la rue, naïf, comme un homme qui sait que la guerre est perdue, que la guerre est finie, qu’elle n’a jamais eu lieu et qu’il n’a rien écrit. Les visages que je croise reviennent d’un front inconnu et terreux, de champs de bataille où je ne me suis pas battu et où les combats ont cessés. Il faut voir. Qui ne voit rien est déjà mort, qui n’a rien vu n’a pas vécu, ou si peu. Il faut voir. Tous les départs sont possibles entre cette place et la mienne. Toute la beauté a été portée un instant par la vitre où j’ai croisé un regard qui n’était pas le mien. Souvent, je crois qu’il faut vivre, mais c’est faux : vivre est le souhait des gens qui pensent trop, qui sont à côté du monde. Vivre ne veut rien dire : il faut voir. « Regarde ! ».

Cet article a été publié dans Prose. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s