L’orage

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à la joie comme à la mer comme à l’eau
pêcheurs ramasseurs de pierres et de coraux
coureurs luminés d’éclairs gris-clairs et dorés
tous vont passer ainsi qu’au défilé
carnaval de noyés sortis d’affaire
vêtement mouillé pour seconde peau
couvert du manteau de la cathédrale
priant comme on respire ou comme on râle
à la frontière aqueuse des orages de chaleur
claqueur liquide aux seuils des portes fermées
l’orgueil étrange d’avoir été sauvé
rumeur hurlée de quartier en quartier
heure d’été figée à la façade de l’Hôtel de ville
nouvelle répandue d’île en île jusqu’à moi
il faut éviter la Rue des Arènes dit-on
murènes terrées dans les caves
dévoreuses de bras balancés inconsciemment
monstres marins remontés jusqu’aux étages
conquête décisive de l’océan
les ombres algueuses flottent lentement
des marais vient parait-il le pire silence possible
des hurleurs finissent muets la bouche ouverte
cri fixé à la matière de la tempête
deux heures plus tôt nous dansions sans y penser
joies à peine frôlées de catastrophe
joies impures et nacrées d’Akoya
le rire fondait et le corps et la voix
en une unique substance inerte
vivant comme l’on déserte
mais l’orage a poussé devant lui sa nostalgie
vent de terre déshabillant les choses
habits recouverts de ce qui a été
étoffe fulminée de poussière
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