Journal #7 – Le voyage au Portugal (1)

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Jour 1 – Châle moite sur la rivière. Soleil rouge au-dessus de la mer. Soleil devenu vert quand j’ai tourné les yeux. M’assoir sur une plage me conduit presque toujours au sentiment étrange d’être loin et d’attendre quelqu’un qui n’est pas là. Charnière dépourvue de porte. Manoir dépourvu d’accès. Le temps va passer deux fois plus lentement, deux fois plus vite, maintenant que l’été est venu. Chaleur du sud, partout, et l’accent. Mais des choses ont été déposées derrière moi. Mille choses sous ma tête et surtout, avec une force insuffisamment mesurée, l’impression de marcher à côté des autres. Être de l’autre côté des barrières et qui regarde les gens avancer. Projets, horizons, espérances balancées comme rien, comme des fantasmes par-dessus bord, image à peine constituée et à peine noyée. Bayonne a le goût des temps morts et des adieux épais. Faut-il pleurer chaque jour sa peine, comme on le croit ? Être seul partout n’est pas le problème. Sur la plage l’on est toujours seul comme jamais, même si cette vérité peut nous échapper si on n’y prend pas garde. Non, tout est au-dedans de soi pour toujours. La ville va en trompe l’œil : les lumières sont ici à peine lumière et les places vont dans une pénombre qui ne ressemble pas aux ombres que je connais.

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