Les mains sales

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De quoi mes mains ont-elles été salies ?
Qu’ais-je enfermé dans mes paumes
ce jour-là face au palais du Rhin ?

A l’est menaçait du ciel jusqu’au le sol la Théologie.
C’était la première fois et le premier matin.
Trois bosquets fleurissaient blancs atones dans la neige.

A qui disais-je ce qui ne peut qu’être dit à l’oreille ?
Fragments, monceaux, phrases qu’on écorche en morceaux,
mots qu’on adresse en courant pour éviter les morts ?

Pourquoi se souvient-on comme on traverse les ronces
pour aller chasser les mûres ?
Pourquoi tout ce qui fut heureux est aussi blessure
qui ne se soigne pas ?

Ce soir je vais voir ailleurs pour marcher dans les pas
de ce jour seul d’hiver.
Il est des prières qu’on s’adresse en riant,
qui ne vont à personne.

Qu’ais-je lâché autrefois dans le fossé d’automne ?
Et combien de temps dure le son des cloches qu’on sonne
pour rappeler les fantômes de leur ancien cimetière ?

Quart de siècle pressé sous nos pieds pour vendange.
Qu’il est lourd de vivre en s’enterrant sous une mémoire ancienne.
Qu’ont-elles mes mains pour avoir tant vieillies ?

Les mains libres d’Eluard plante-aux-oiseaux leurs ongles nus
et descendent la pente têtue de la Montagne Verte.
J’aimerai encore ou j’aimerais peut-être.
Tout ce qui a été peut-être revenu.

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