Héloïse – p.1

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« Le carnaval commence chaque matin à six heures
et ne se termine pas. Une suédoise avant-hier lisait
Tzara pendant le passage du cortège et j’ai embrassé
approximativement ses mains, ses seins, sa bouche.
Elle aurait été mon amante si je l’avais aimé.
Elle ne le fut pas.
Les hommes vont en file indienne déguisé
en empereur ou en moine. Carême,
Bermudes, îlots. Sous l’église va
l’homélie quotidienne de l’amour.
Si l’intelligence met en scène
la totalité de ma vie, alors à quoi bon
jouer ? Hier j’ai dit à Pierre que je l’aimais
et, par peur, il a ri.
Je l’ai haï d’avoir raison en un rire.
Curieux carnaval : avancer les yeux bandés
et se moquer du monde.
Dire ce qui compte, ce qui ne compte pas.
Arracheurs de viscères ou chevaucheurs de révolution :
encore une fois en procession, déguisés de fausses joie.
Chienlit des poèmes qui prennent toujours la forme
de ce que l’on voit. Le boulevard figé
d’être foulé par du vin resté à l’air libre.
Contrôleur de verrous, je déligne les bras,
longues planches, longues branches longues,
et je vais assez loin pour découper mes ongles.
J’aimais la suédoise, mais je t’aimais plus toi. »

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