Insomnie #31

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Il est une tristesse qui n’en est pas une et qui nous dépasse. Nous sommes, dans le soir, couvert d’une histoire qui ne nous appartient pas et qu’on enlace comme on enlacerais n’importe quel étranger qui passe. Escher, Fulcanelli, Warburg et Pessoa sont ainsi, ce soir où j’écris. Ils vont, en assemblée d’apôtres, en compte-à-rebours, d’un bout à l’autre de mon séjour exactement comme s’ils traversaient la Place Neuve de Séville. A la fenêtre je suis si proche de voir les oiseaux d’Escher, ces oiseaux qui vont, en grandes brassées, s’embrasser dans la nuit jusqu’à se confondre et se mélanger. L’eau du robinet cascade ainsi que le ferait le torrent boueux d’Iguazú ou du Guadalquivir. Je pense avoir en mon centre un secret qui, en fait, n’y a jamais été déposé. Il est une tristesse qui vient d’avoir été dépossédé du pouvoir d’habiter un lieu où tout n’a pas déjà été pensé, dit, fait, où tout n’a pas déjà été aimé, échangé ou rendu. On peut attendre longtemps avant de croiser une bouche capable de prononcer : « me reconnais-tu ? ».

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