La haie creuse

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nous y allions, dans mon souvenir
au jardin cueillir
grives groseilles ventaux
givre grisaille manteau
perdre les feuilles de l’aulne
une à une à la saison des pluies

sur la rive, nous pouvions courir
du portail clos à la haie
le jour s’éteignait
étreignait la terre

l’hiver venait

nos jeux menaient au soir
nous pouvions rire dans le noir
sans craintes

parfois venaient les ombres
qui nous effrayaient
derrière la vitre du salon

puis l’obscurité était sur nous
au fond du jardin nous étions
en exil
une île s’était formée
entre nous et le monde

peur enfantine
et partout retrouvée
d’être proche et loin des choses
les voix d’adultes dans la maison
les roses le vent dans les branches
nous étions un instant, comme ça,
sans rien faire,
incapable de se défaire
du sentiment d’avoir été trop loin
d’avoir perdu un chemin
que nous avions connu

nous y allions dans le jardin
pour nous perdre
le monde s’était retrouvé nu
soudain laissé en une présence étrange
usé d’avoir été vécu

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