La nouvelle saison

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Non pas rendre le monde net, mais le rendre étranger. Non pas voir, mais être aveugle. Aveugle non pas comme seul peut l’être le sage pour contempler un secret. Perdre la vue simplement et ne rien gagner. Les objets ont sur eux milles petites impossibilités si ténues qu’elles peuvent ternir le monde entier. Les gens peuvent marcher ainsi dans la rue, le temps passe entre eux et ils ne remarquent rien. L’espace aussi les sépare autant que s’ils se trouvaient à mille kilomètres de distance. La saison est tombée sur eux et ils ne l’ont pas sentie. Elles étaient lumière, cendre, froid et elle se trouvait là. Fallait-il que je soulève encore le voile des choses non-vues ? Calme entier des choses qui n’ont plus lieu d’être et qui attendent la fin. Marcher dans la rue, craindre d’en faire une archive. Les passages ont ce pouvoir de nous faire revivre d’anciennes fin des temps. Les portes ouvertes chez soi sont brutalement d’octobre. Un air nouveau passe du salon à la chambre. Le bruit des voitures dehors est celui d’automne exactement comme si la ville entière avait changé d’harmonie, descendue d’une octave.

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