La fin et le commencement

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Fin ou commencement c’est semblable. Ce qui commence peut-être murmuré très bas, à la fin, sans paraitre égaré. Ce qui commence a déjà été achevé et ce que l’on casse ne cesse pas d’exister. Les gens vont de la place à la mer et cascadent à Siam en avalant leur destin d’un seul coup. Le monde accorde secrètement cette faveur aux passants. Ils naissent en descendant les rues. Je peux les voir, les envier pour ce que je ne possède pas. Arracheurs, dépeceurs, détaillants de ma joie. On descend l’avenue jusqu’au port, les grues tendent vers nos désirs des bras bleus. Qu’il est facile d’être endeuillé les soirs de retrouvailles. Les visages qu’on aimait et qu’on croit aimer encore sont déjà plein d’adieux. Ils paient à peine notre désir d’un geste de la main, nous embrassent et nous tourne le dos. Exister est un pouvoir que la matière contraint, voilà. Fin ou commencement, cela ne fait rien. Gouter à la volupté d’avoir une destination, tout est là. On maintient assez longtemps l’idée d’avoir « à faire quelque part » et l’on veut passer nous aussi, on jalouse ceux qui s’emploient à vivre.

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