Le temps que la lumière vienne

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ce que je sais c’est que je ne veux pas rejoindre l’océan ni même les collines qui bordent les plages
ma route est biaisée depuis le départ, dix mille ans plus tôt, de la lumière du noyau de l’étoile
ma route va ailleurs qu’à la mer, je le sais
les photons peuvent lui donner l’arc fou de la gravité
et courir entre la matière jusqu’au quark
ma route va ailleurs, oui, ce n’est pas un endroit que l’on peut dire aisément
archipel si grand qu’il est inutile d’en nommer les îles
car alors même qu’on dirait de la dernière qu’elle s’appelle ainsi
on aurait déjà perdu la mémoire du nom de la première

ce que je sais c’est que je vais parfois dans la rue avec l’espoir d’y avoir été vivant
que cet espoir est déçu par la consistance des murs et des bancs
je pense au filet dans lequel je suis pris
entonnoir au centre duquel je vais sans me détacher du pouvoir de la matière
route renversée sur elle-même dans le noir de la nuit
nuit à l’ombre de cette lumière ancienne du Soleil que je crains
l’âge de pierre vivace à la naissance de ce qui m’illumine
je pourrais suivre un temps infini le chemin ouvert
par la clarté du matin et le ciel de midi
je n’aurais rien faire d’autre que rebrousser chemin

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