La Saint-Jean au Folgoët

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Pour Saint Jean nous allumions un feu au village.
Nous courrions sans raison tant que brûlait le feu.
Enfant, je voyais tourner les vieux, les adultes
Et les flammes. Nous courrions en bande longtemps.
Un parent inquiet, parfois, criait un nom
Qui n’était pas le nôtre et nous étions heureux.
Nous courrions des flammes jusqu’au talus en terre
Où les grands arbres bleus étaient notre frontière.
La nuit arrivait par surprise et j’avais peur
Du noir. Un grand, souvent, racontait une histoire
En marchant jusqu’à la route et nous ne pouvions
Le suivre. La route, le talus et le feu
Étaient le monde entier et personne jamais
Ne passait la tête dans notre jeu sans fin.
Lentement les copains partaient avec leurs noms.
A la fin nous n’étions que quelques uns encore.
Nous repoussions le temps du départ jusqu’au seuil.
Le feu lui n’était plus qu’un linceul où fumait
Notre rêve.

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