Empierrement

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Empierrement qui rend à la fois invisible et aveugle, subi à chaque nouvelle lune, et qui est ta folie. Empiètement des images sur elles-mêmes. L’étrange est si proche de toi, si proche de toute chose, assez pour les inverser et rendre visibles leurs coutures, l’espace aberrant qui les creuse du dedans et qui explique la chute des corps et les fleurs. Du robinet coule l’eau pâle que tu ne comprends plus. Ce qu’on enferme semble avoir trouvé une sortie et tu crains d’être vu en compagnie du fuyard. Entêtement de la nuit noire, des étoiles, des nuages à rendre la vie impossible. Couleurs attachées aux yeux. Une forêt poussait invisiblement sous les choses depuis longtemps, pliait ses plus hautes branches et cloisonnait ses rivières pour disparaître aux regards, mais ce soir elle est apparue d’un coup et t’empêche de croire que tu es ici chez toi. Complot du réel qui te nie. Tu crois t’entendre exister depuis le couloir. Enlisement de la mémoire qui te lie au réel. Où est le dessous de la table où tu te cachais autrefois ? Même ta voix sonne bizarre, elle vient d’une autre vie.

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