La nuit éliminée

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Tu as entièrement éliminé la nuit,
le désir immobile avec toi s’est éteint.
La ville nue et noire, bue jusqu’à la lie,
est restée intouchée et tout est comme vain.
Le vide d’autrefois a retrouvé sa place
et les rues ne sont plus que des murs qu’on déplace ;
les toits ont des tâches qui ne s’effacent pas,
les passages déserts où je suivais tes pas
brillent d’une absence qu’on ne connaissait plus.
Puis la ville est vidée d’avoir été vécue :
vagabondage absurde et flottant des saisons,
je marche autour des gens comme du bois flotté :
corps, île terreuse où tout ce qui est échoue,
où ce qui voulait être a été échoué,
le temps – le temps même -, le temps jamais ne passe,
à peine veut-il aller, à peine est-il espace,
à peine est-il passé, à peine l’on se souvient.

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