Nue

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les miroirs gardent la tête tournée sur les coiffeuses par pudeur, par langueur
et par regret :
ce que la lumière creuse n’est ni le ventre ni la tête ni la pierre
ni le grès cérame des vasques où l’on va nu ;

où tu vas dévêtue les miroirs baissent la tête
se taisent et rougissent :
voile réduite pour tempête, vent violent,
toits bleus-violets aux fenêtres ;

oh ! l’impossible délicatesse de ce qui une fois fut
et voudrais toujours être :
ne caresser plus jamais le tissu damée des caresses
et voir passer – seulement voir – ce qui s’arrêtait, autrefois,
pour tendresse ;

qu’ont les miroirs à me dire et à me répéter
ce que je ne connais plus ?

au jardin est découpée une ombre qui est le corps
de ta fenêtre
elle va – tu vas – sur les buis, sur les haies,
sur les hêtres

à la nuit pleine la lune pleine est imprimée de toi :
que les miroirs ferment l’œil gauche ou ferment l’œil droit,
qu’ils se taisent

à la fin le reflet déborde dépasse le sable que l’on tasse
et tout est en toi comme dans un lit.

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