Atlas des contrées rêvées

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Je chercherai les Passages de Benjamin
et l’or glacé, brassé, l’or révélé des mines
de Choiseul, de Colbert, de Turin et de Rome.
La guerre y sera déposée dans les vitrines
et elle aura l’odeur des poivrons et des pommes.
Les choses glisseront dans le bain de morphine
Où tout ce qui est, tout ce qui vit termine
Et nous serons morts, peut-être, où bien sans mémoires.
Et Warburg tracera dans la nuit les histoires
d’Europe, où je ne serai rien.

Il faut, dit-on, habiter pour laisser des traces.
Rien ne saurait mourir sur l’île qui est vôtre.

N’ayez peur ni du noir ni de moi ni des autres.
Parlez-bas ou taisez-vous, allez sous les places
et je vous trouverai.

Et je vous ouvrirai.
Jardin laissé, jachère derrière le mur.
J’irai où l’on confond l’embrassée et le lierre,
Beaucoup de fleurs poussent, fleurissent sous la pierre,
Je le sais, je dirai leurs noms, ce qu’elles furent
Avant que d’être fleurs.

Je ne croirai pas l’heure
Indiquée du départ.
Je n’irai pas en gare
Attendre ton retour
Ni voir descendre, amour,
L’absence sur le quai.

Je craindrai le silence
Et j’imaginerai
Ou la mer qui avance
Ou le ciel qui se fait.
Comme on rêve parfois
De tomber de son lit.

Je serai sur les quais
Comme on pense aux pays
Qui ne seront jamais.

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