La veille #9

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81.

L’enfant n’est jamais prêt
pour son nouveau destin.
Puisqu’il a cette crainte
d’être laissé fantôme :
le rien d’autrefois,
il le sait devant lui.

82.

L’enfant n’est jamais prêt
à sortir de ses draps
et sa peau est pour lui
ainsi qu’une chose brûlée
qui brûle toutes les choses.

83.

Où va l’esprit des choses anciennes ?
Ce qui ose venir qui déjà devenu,
revenant vivant du péril de vivre
et de vieillir enfoui sous cette tendresse
qu’on retourne contre soi.

84.

Souviens-toi des amoureux, au fond de la grande salle :
la bougie éteinte les séparait d’un voile
qu’on aurait dit l’amour.

85.

Et tu les savais mort, déjà, dans leur siècle :
des os, des muscles, des nerfs
leur agitaient les bras
et leurs bouches soufflaient
un air vicié et lourd.

86.

Où est-elle cette promesse que tu m’as faite alors ?
Le mot jamais tenu et le miroir droit,
miroir d’or où était ma terreur
et tes doigts recourbés ?

87.

L’enfance s’inquiète en moi
d’avoir donné son gain
comme un sac de bille.

88.

Et les rideaux tirés de mes pieds à ma vies,
coutil pourpre et couteau dans tes mains :
tu avais eu ce rire, alors, qui m’avait fait t’aimer,
et ton rire encore est planté,
arc gelé au cœur du jardin.

89.

Et l’homme passe à la fenêtre,
à l’opposée de sa nuit est l’orage.

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