La veille #10

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90.

Vie nue, vie brutale, vie sauvage,
éveil diminué en nuage,
buée à la fenêtre pour l’âge mûr.

91.

Repousserons-nous jusqu’à l’extrême limite le désir de respirer encore ?
Comme cadavre frappée de la crainte d’être mort ?

92.

L’enfant guette le croque-mort
qui fait tomber le corps
au fond de son impasse.

93.

Dans l’allée le vent ramasse
les fleurs tombées.

94.

Le vieillard siffle à peine
un air rongé d’autrefois.

95.

Est-ce cela mourir, pense l’enfant,
comme l’île du bois disparu cet hiver,
est-ce cela, pense-t-il, être île,
finir terre mouillée, dissoute
comme une vie blessée,
vie tannée, vie exsangue ?

96.

Où les coucous fleurissent et fanent
vont aussi la question attachée
contre soi.

98.

Passe-lumière, passe-muraille,
lampe éteinte aux entrailles.

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Un commentaire pour La veille #10

  1. Bastien dit :

    J’aime beaucoup tes poèmes, y’a de la puissance

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