Données incomplètes – Iquito #6

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3° 45′’ s, 73° 15′’ o – 106 m – Puerta Bellavista

Résidence sur la terre.

Parc de Bellavista et la rue qui l’enserre. Collet graniteux pour tôle chauffée blanc et boutiques, glacier miteux effrité dans la terre. Devant Los Cocos, les poubelles débordent et des gens vivent. Vivent et passent. Que des gens vivent ici, passent ici, n’étonne que moi. Le fleuve bat sa tempête et les gens portent des bidons d’eau. Aller jusqu’à la barraque, toiles, métaux, briques, retour jusqu’à l’eau, unique refuge, unique terrier et partout cette même liqueur bue aussi soudainement que versée.

Port et moiteur. Ponton ouvert, gesticulant, poisson grouillant, coulant, or autrefois fouillé et qui a laissé derrière lui du mercure et c’est tout. Le capitaine de l’Heliconia ne veut pas me laisser passer, obole refusée sans raison. La gratuité ici est une règle qui s’applique à tout, même aux corps. Les bras longent mes cuisses.

Qu’attendions-nous, ce soir, dans la ruelle où il n’y avait plus que de la nuit, des moustiques et des bruits vagues de télévisions allumés sur le même match de foot infiniment commenté. Un homme m’a fait un sourire quand je passais, il lui manquait une dent. Les tables en plastique sont mouchetées et vertes. Odeur de tempête et de fioul mélangé. La forêt est comme présence fantôme, bruits atones qui viennent éveiller les danseurs sur le parquet, sucs d’un fruit éternellement pressé par les dieux alcool et envie.

Héléna Worst, Troisième journal d’immaturité :

« Oh journal pour la misère répétée d’avoir existé comme ça :
voulant tout, attendant, loupant chaque chose, espérant, désirant,
prétendant à un droit qui n’était pas le mien.
Oh carnet de promesses non-tenues et formulées si vite
et si vite perdue.

Qu’elle aille loin la tempête
remontant avec braise, feu et vent,
l’incendie des coteaux infiniment brisés
et qu’elle brûle mon papier.

J’ai peut-être pu être amoureuse, c’est vrai,
mais jamais, je le jure, je n’ai aimé. »

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