Le retour en car

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Les montagnes sont écrasées ce soir, comme des ruines. La terre est un champ où les blés sont couchés. Il fait or. Avril est caché dans les pentes. Villes, coteaux, bosquets roulés ensemble, mangés par le voyage : nous arriverons bientôt. La porte ouverte et ce sera l’été. La saison se découpe au fil l’épée qu’est le ciel. Lumière rasante, frayante racine de la lumière du soir, qui va dans les sillons ajoutés des parcelles, sur les toits ajourés par le ciel. Il fait tendre. De cette tendresse unique des chaleurs de l’hiver. Les oiseaux volent au milieu des feux allumés, y déposent leurs ailes. La vallée s’avalanche comme un jardin couvert. Le jasmin bientôt prendra la forme humaine. Dans le lointain marche l’homme sur la crête. Arrête émoussée par les anciennes tempêtes. Des phares clignent en tombant des forêts. Enneigement des cimes où coulera la sève. Les feuilles mortes revivent sous la lumière vive. Des miroirs nous attendent à la place des fermes. On passe, on se demande ce que notre œil enferme. Quel est cette prison où s’enfonce notre fièvre ? A l’horizon sont les nuages amoncelés de la nuit. Des maisons s’alourdissent du poids de quelques eaux. L’on serpente en luciole au centre d’un troupeau.

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