La ville brûlée

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La ville brûle. Hier, j’allais pour te le dire et soudainement tu as ri. J’ai gardé pour moi ce rire. J’ai gardé pour moi le feu, pour moi les murs. J’ai gardé cette braise confondue au soleil. La ville brûle encore, mais tu ne le sais pas. Elle pèse en moi et elle n’est plus pareille. Car, à la fin, ce n’est qu’un tas de pierre ! Les gens sont en elles comme dans un cimetière et ils brûlent, jusqu’à la cendre même. Sais-tu que leur tristesse va dans un soupir comme dans un coffre d’enfant ? Aussitôt brûlent-ils, aussitôt ils expirent. Je revenais de toi avec cette ville entière. Je marchais dans la rue comme on tombe d’un toit ou comme l’enfant va en bas, au milieu de la nuit, descendant l’escalier. Je n’étais qu’un pied faisant craquer cette marche que l’on devait faire taire. Arrivé chez moi, je l’ai jeté à terre, cette ville qui n’était qu’une braise. Je l’ai jeté à terre et j’ai vu. La ville n’était qu’une glaise où j’avais mis les mains et elle ne brûlait plus. Demain, je te dirai. Je te dirai cela et je craindrai ton rire comme l’on peut craindre une main. L’air sera chargé de cet odeur d’adieu des allumettes craquées. Mais la ville, alors, aura déjà brûlé. Il n’y aura rien à craindre.

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