La Meute #2

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La meute est passée.

Est resté sa sueur.

Vieille et vieux dorment et l’enfant est levé. Les marches craquent sous son pied qui descend. L’orme dans le champ bat sa mesure calme. La vieille rêve d’un parterre de fleurs. Le vieux passe ses mains sur le bois noir du lit. Il s’y trouve des échardes où ses souvenirs affleurent. Le vieux ne rêve plus depuis bientôt vingt ans. Crâne, ventre, peau, lueurs anéanties.

La meute est passée.

La pluie lave la fauve odeur du soir. L’enfant regarde par la fenêtre le talus et le champ. Un chat passe dans la cuisine noire. Pas de loups. Pas de bêtes. Le grand horizon bête creusé de sillons blancs. Du bassin croassent les crapauds et les joncs. L’enfant presse son front sur le carreau brisé. Il veut voir.

L’ennui est si grand quand l’école est passé. Le jardin fume encore d’avoir été joué. Père et mère font silence derrière la porte. L’enfant toque une fois. Il reste ainsi une heure, attendant qu’on lui ouvre. « Une fois de plus » pense-t-il. Rien ne se passe. Père et mère sont disparus cette nuit. Vieux et vielle sont encore endormis.

Il veut voir. Mais la meute est passée. L’enfant range son cauchemar tout au fond de son lit.

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