Le salon de la gare

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cet homme a dans sa gorge un hoquet
d’adieux – il croit avoir été laissé seul
et demande : « que s’est-il passé ? »
alors que rien n’a jamais lieu

sur le siège de la gare il rumine
ce premier et unique crime
de s’être rendu vivant

il se lève une fois entièrement abandonné
et part derrière la vitre propre tirer
sa longe – longue corde trainée
tenue comme une promesse

ce qu’il porte
(manteau gris, chaussures noires,
sac de plastique, choses à boire)
est une petite assemblée coupable
qui remue une odeur d’huile

il voit quand on le voit et demande :
« qu’est-ce qu’il y a ? »
et l’œil ne voit rien reste muet

sa tête est parfois sur le muret
de fausses pierres de la gare
du faux lierre pousse mimant le vrai

il a sur la peau cette vieillesse qui brûle
hurlante au fond du puits de la pensée
il va debout comme allongé
treille sèche tickets de caisse papier froissé
son couteau quelque fois le blesse
front ventre pieds
le chien est mort reste la laisse
qu’il caresse en dormant

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