Le marathon

66069537_857711077941508_6069198683746861056_n.jpg

Scène vide. Pièce obscure. Cette journée sera la dernière avant le recommencement. Il y fera frais au fond de notre chair et nous nous attendrons. Pour cause d’été, les lumières s’éteindront. Bougies, tungstène, néons mélangés – obscurités commune de ce qui fut effacé. Mémoire enracinée troublé par une nuit fiévreuse. Le soir murmuré jusqu’au rire débordera de l’autre côté de la rue, de l’autre côté de l’église et les gens s’endormiront avec le souvenir d’une scène inconnue infusée en eux. Comme ce souvenir du père qui me racontait enfant le ciel où une nuit tombait, une nuit de plein jour, une nuit d’étourneaux déambulant en vague dans un espace bien pur. Le théâtre laissera au fond de notre gorge un éclat qui y restera logé. Nous pouvions vivre des siècles pour le désir d’être autre. Et une semaine nous aurons vécu un peu dans cette peau dont nous ne savions rien et qui pourtant était nôtre. Les volets fermés laisseront venir une eau de lumière et d’été. Nous aurons été, au moins une fois, un instant, un seul et même corps commun et retrouvé.

Cet article a été publié dans Prose. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s