Les varices

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A l’étage sont les varices de la mère.

« Mon dieu ! » souffle-t-elle en remontant – l’escalier, la colline, le fil de ses idées. Ses genoux bleuissent – ciel de Midi, de Provence, d’Italie contre les cuisses fermées. « Mon dieu ! » – dans le lit, les varices tremblent, ambres atténuées de sa jeunesse ancienne.

« Mon dieu ! » dit-elle au père. Lui, dort et ne se réveille pas. Dans le lit, la mère voit ses longues, longues, longues jambes brunes courir jusqu’à leurs pieds. Elle a détaché ses mains de son ventre replié et elle veut.

« Mon dieu… » pense-t-elle. Le désir glisse le long de ces estuaires. Le père dort. Son torse gonfle comme une onde sur le parquet flottant. Il fait nuit dans la chambre. Les chevilles de la mère pendulent du temps passé à vieillir.

A l’étage sont les varices de la mère.

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