La Bibliothèque #5

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Char et Celan migrent depuis ma gauche – à la table, entre eux un verre vide.

Ils sont ces fleurs encapsulées, pierres sur le chemin que mon pied grand ouvert moissonne.

D. dans ses appareils se tient aussi sous Paul. Je pense à sa mort. Je me souviens de sa voix enténébrée qui parlait de boîtes noires, de boîtes bleues, qui racontait fantômes et présences abolies des images. Au nord de Paris, dans les bureaux, sous le béton, sa musique brusque une certaine mémoire.

Celan dit les « Nuit d’Ombrie » – Choix de poèmes réunis par l’auteur s’était ouvert sur ce poème du centre. Est-ce vrai que les poèmes sont ces « bêtes trainardes » qui rôdent autour de ma mémoire ? Celan crevait hier comme un bourgeon d’hiver – suppurait son Italie allemande sur mon Italie perdue.

Ils migrent. Ecriture labile et distendue.

« Les enfants et les génies savent qu’il n’existe pas de pont, seulement l’eau qui se laisse traverser » commence-t-il pour dire Braque.

Quelque fois, tant de poèmes que je ne peux même plus imaginer rivières, fleuves, voies à traverser. J’irai jusqu’à tracer le lit possible d’un torrent pour écrire de la poésie.

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