Lieu d’évidence

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Je ne sais que faire des lieux d’évidence qui me sont offerts.

Près d’un corps, d’une langue, d’une chair, je me tiens immobile. L’intime est un domaine menacé. Forêt – étoffe repliée sur elle-même et que je voudrais très lentement découvrir. Comment faire ? Les plis sont une chose que j’adore. Les déclarations repassent l’amour comme une chemise de deuil. Venir près de toi un jour, près de toi véritablement et t’ignorer encore.

Je ne fais que répéter une même litanie. Ma poésie est une inlassable résistance du corps. L’ennui est partout, le vers est dans un fruit amer et pourrissant. Mais que faire ? Peut-être ne suis-je plus capable d’être autre chose que cette bête pensante nourrie d’entre-deux ? La distance timide que je laisse exister entre moi et le reste est fragile, je la mange.

Lieux d’évidence – lieux que j’évide, que je creuse jusqu’à être en eux comme paroi. Et tu l’ignoreras. Je prendrai place autour d’une poitrine vidée de sa première substance d’amour – et de grâce. Et tu l’ignoreras, car je craindrais ce refuge comme l’origine d’une ombre.

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