Les oiseaux noirs

48908409_2100115853631794_7328415844336140288_n.jpg

Demain viendront les oiseaux noirs.
Demain viendront les oiseaux blancs.

Le sursis prendra fin contre le toit.
Sur notre rue tombera la poussière,
pétales écrasés des fleurs du champ
de notre père.

Et demain viendront les processions.
Chants d’un orage longtemps retenu.

Au bois, le ciel, se couvrira de grives,
les enfants passeront sur l’autre rive,
en répétant une unique prière.

Demain nous croiserons les mains
sur la table couverte d’une toile.
Et dans l’évier sera lavée l’étoile
qui, autrefois, était brûlée.

Il se fera un silence de cimetière,
nos corps droits pour seule pierre tombale.

Demain je lèverai le voile d’un suaire
posé sur un visage enfant.

Et la mante découpera la terre.
Et l’amante à son frère parlera.

Demain viendront les silhouettes suies.
Une braise s’écoule par nos veines
en eau-de-vie, eau de fontaine,
en eau de pluie.

Demain sera les yeux clos d’aujourd’hui.
Et une nuit de deuil déjà commence
et tu allumes tes bougies.

L’aile courbe de la lune saignante
pour des heures sont lait glacé.

Sphère laiteuse et si doucement déplacée
que demain se fait blanc à peine
comme des fantômes passent la plaine
sans remuer de feuilles.

Demain viendront les oiseaux noirs.
Demain viendront les oiseaux blancs.
Demain flamberont les boisseaux
du feu follet de la Saint-Jean.

Cet article a été publié dans Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s