Attendre la pluie

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Qu’est-ce que tu attends ? Que s’arrête la pluie ?

Pour toi, est disponible partout une sorte d’éternité – et tu ne peux tondre les cheveux d’occasion. La silhouette avance, passe devant toi et tu regardes le sol sombre et graniteux ; pour toi, ce n’est pas elle qui a eu lieu, c’est son ombre, à laquelle tu t’accroches comme on se souvient, rêvant, du souffle de nos morts. Voilà, le temps passe. Le temps avance et passe. Il déplace sa masse nuiteuse contre les murs des chambres. Il ramasse la poussière et brassent et le feu et la cendre du foyer.

Qu’attends-tu ? Dis-moi.

En toi sont mêlés et le temps et la pluie. Les vitres et le balcon débordent sur la rue. Presque froid. Il fait presque froid entre les lumières et tu attends encore. Presque froid. L’espace repli lui-même ses doigts pour éviter l’engelure. Chauffer à la grande flamme le métal dont il est fait.

C’est que – la distance entre les choses est un épais mensonge. Immobile, tu l’es, mais cela ne change rien. Qu’attends-tu ? Tends ta main, enlève le gant qui la recouvre, car tout est à portée. La nuit, oui, même la nuit, est pliée contre toi. Moi aussi, vois, je tombe contre tes paumes et je ne suis pas la plus lourde des réalités. L’occasion laisse longue sa mèche derrière soi. Qu’attends-tu ? Dis-moi.

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Un commentaire pour Attendre la pluie

  1. Aurore de la roseraie dit :

    L’attente est cette action qui accompagne un sentiment qui a un je ne sais quoi d’oppressant. Je compte les minutes, entends les secondes et vois le temps de la nuit s’écraser sur ma moquette, tachée par ses souvenirs. Je retiens ma respiration par peur de faire trop de bruit, peur que mon existence si elle est un peu trop forte ébranle les murs de ma chambre et vienne déranger le silence angoissant du soir. J’attends sans savoir quoi, j’attends la lumière qui précède la joie avec une concentration méticuleuse par peur de la rater. J’attends, mais au fond je le sais, à force je finirai par mourir sans même avoir pris la peine d’exister.

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