Attendre la pluie

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Qu’est-ce que tu attends ? Que s’arrête la pluie ?

Pour toi, est disponible partout une sorte d’éternité – et tu ne peux tondre les cheveux d’occasion. La silhouette avance, passe devant toi et tu regardes le sol sombre et graniteux ; pour toi, ce n’est pas elle qui a eu lieu, c’est son ombre, à laquelle tu t’accroches comme on se souvient, rêvant, du souffle de nos morts. Voilà, le temps passe. Le temps avance et passe. Il déplace sa masse nuiteuse contre les murs des chambres. Il ramasse la poussière et brassent et le feu et la cendre du foyer.

Qu’attends-tu ? Dis-moi.

En toi sont mêlés et le temps et la pluie. Les vitres et le balcon débordent sur la rue. Presque froid. Il fait presque froid entre les lumières et tu attends encore. Presque froid. L’espace repli lui-même ses doigts pour éviter l’engelure. Chauffer à la grande flamme le métal dont il est fait.

C’est que – la distance entre les choses est un épais mensonge. Immobile, tu l’es, mais cela ne change rien. Qu’attends-tu ? Tends ta main, enlève le gant qui la recouvre, car tout est à portée. La nuit, oui, même la nuit, est pliée contre toi. Moi aussi, vois, je tombe contre tes paumes et je ne suis pas la plus lourde des réalités. L’occasion laisse longue sa mèche derrière soi. Qu’attends-tu ? Dis-moi.

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