Dans le wagon

20180713_181922 - Copie

Ce soir, inutilement, je sens
que ma solitude exagère.

A ma gauche, une jeune femme
au long visage de drame.

Enfin,
je me sers dans mon ventre,
car je sais que je ne suis pas vu.

Mais, ça aussi, je l’invente.
Être nu – aucune chance.

Le derme est retourné dans son unique domaine.

La plupart du temps, j’oublie que je suis
uniquement moi-même.

Et je parle.
Et j’écris.

Ce soir, je me sens inhabité
exactement comme tout le monde.

Il m’arrive d’espérer d’être serré dans des bras,
par amour, seulement pour la joie
de me sentir contre quelqu’un qui saura.

Ce soir, je sens cela, brutalement
comme un coup dans une cage.

Autrefois, cela provoquait une rage
et maintenant je n’attends plus.

J’anticipe le chemin qui me sépare.

Combien de temps vais-je vivre
comme un divorce retenu ?

Je ne peux vraiment parler du crime
d’être un seul – ou bien partager
ou bien ignorer, vous savez…

Dire que l’on « compte » pour quelqu’un,
enfin, « compter »,
appartenir au registre des sentiments
d’une autre personne que soi.

Bien sûr, l’amour existe sans l’amour
et je ne disparais pas.

Mais, ce soir, je m’imagine aimé
sans en avoir le droit

de cet amour qui ne s’épuise pas
d’être justifié en lui-même
par une longue somme
de considérations

de cet amour qui
malgré soi
habiterait une place
qui ne m’appartient pas
mais où je serais un lieu.

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Un commentaire pour Dans le wagon

  1. Comme si tu attendais une preuve d’amour divin! Beau poème 🙂

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