L’Enquête – indice #32

20170910_191910 (2)

Je ne sais faire la géographie de ce lieu qui est tien. Il repose. Fil tiré entre le sol et toi. En lui, le ciel va se faire manger par des ombres. Centre d’un centre immobile et tenu pour vrai. Ni matière, ni frontière, ni sentiers de montagne. La lumière n’est, pour ce lieu, qu’une sorte de peau. Derme dont on retire les cloques, une par une, jusqu’à se faire saigner. Les idées y tiennent, de concert, une assemblée secrète. Je ne sais écrire, décrire ce qu’il est, prédire ce qu’il sera. En son ventre, l’arpenteur se perd, devient fou et meurt. Longue longue enfilade de pièces nues habitées par des cris. Long long couloir d’enfance à la moquette noire. Tâche d’encre répandue comme un bruit. Carte déchirée comme un mot sur la langue. Mue consentie de la vie sur le fil. Je ne sais me tenir droit sur cette corde trop raide. Est-ce le gouffre ou les hauteurs que j’entends appeler à l’aide ? Dans le fond de la gorge gargouille un son de fruit. Contre les parois blanches claques la langue des ombres. Passage, passeurs, passants confondus. D’immenses dents d’argent croquent le plafond qui crève. Les étoiles s’empierrent en un tombeau de fièvres. Nuit encore et encore, recommencée jusqu’à un jour nuiteux. Matin éveillé dans une brume de suie. La poudre. La poudre est sans lieux. La poussière n’habite pas un coin de nos rétines. Les cils sont des feux que cette fumée signe.

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