Ton corps #3

20200202_080742

sortilège informulée que je voudrais surprendre
qui glisse le long des doigts
jusqu’au fond des pupilles

assez seule pour un ventre que la bouche laisse
tomber contre la nuit

centre d’une vie hâtivement décorée

moi-même, enfant, j’avais pour corps un mime
que je donnais en échange
d’un je-ne-sais-quoi de rire

A. tissait sur moi
lentement ses cheveux

cet amour
cet amour-là

n’était pas dépourvu d’une sorte de chair
que je n’avouais pas

je ne savais pas
comment était l’amour

le soir où, par hasard, A. monta
dans ma chambre
pour parler avec moi

ce soir-là où je fus seul
sa cuisse touchait la mienne
et elle se trouvait là

je sus
d’une manière soudaine
que tout était perdu

et mon corps
et mon rêve
et le désir
la trêve de l’enfance
cessa dans mes poumons

fendu comme une brique
qui tomberait d’un mat

A. attendait un pas
que je ne fis jamais

que je ne fis jamais

et que je ne ferais pas

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