Viola Hrubin – Pupek (carnet n°2) – Les déclinaisons

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Je vais apprendre mes déclinaisons latines. Par cœur. Nettement.
Il ne sera pas dit de Viola Hrubin qu’elle ne sait pas apprendre.

Je ne dessinerai pas dans mon cahier de latin. Je laisserai les marges
propres
comme des mains lavées.

Je ne couvrirai pas d’encre mes phalanges.

Je ne lancerai pas mon trognon de pomme par la fenêtre de la chambre.

Il ne sera pas dit de Viola Hrubin qu’elle ne sait pas se tenir droite
contre le mur (comme un i majuscule).

Je regarderai dans les yeux Sénèque,
mais je ne lui cracherai pas mes pépins au visage.

Je ne lui dirai pas, par exemple, qu’il est sec et mort
comme une branche de tilleul.

Mes rosae auront des boutons rouges sur les joues.

Je ne donnerai pas de coups de pied à Cicéron
pour effondrer son palais.

Il ne sera pas dit de moi que je suis incapable de savoir
situer les ablatifs.

Mes cheveux
s’enrouleront deux heures autour de mes pensées.

J’aurai des ratures sur le bureau. Deux pages complètes de déclinaisons
que je chanterai m’en allant à Litoměřice.

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