Viola Hrubin – Pupek (carnet n°2) – La mort de papa

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Papa n’est pas mort à la guerre. Il est mort,
bêtement, de maladie.

Il toussait, crachait du sang jaune
et pleurait à la fin dans son lit.

Nous l’entendions, depuis la chambre,
claquer des dents dans son sommeil.

Un matin, il gisait, dans les draps, comme un mime.
Ma mère, qui n’avait su quoi faire du corps vivant
de mon père, ne sut pas quoi faire d’un corps sans vie.

Ce jour-là, où il est mort, je n’ai pas pleuré.
J’avais dix ans et je ne croyais pas encore à la mort
comme j’y crois aujourd’hui.

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