Viola Hrubin – Pupek (carnet n°2) – La marche vers Prague

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Vladim, revenu de sa marche vers Prague, se vante beaucoup. Et, jaloux, nous ne le croyons pas quand il raconte avoir marché quinze heures, sans dormir et sans boire.

Nous ne le croyons pas plus quand, pour preuve, il nous montre les plaies de ses chevilles, de ses genoux, son talon droit percé d’un large trou.

« Où tu as dormi alors ? » demande Matěj, « sur un banc » répond Vladim. Et il se touche le dos pour raconter la douleur.

Ni moi, ni Matěj, ni Sela, ni les autres n’avons vu Prague. Nous ne voulons pas croire le pont aux lampadaires et Václavák où Vladim dit avoir rencontré un vieux soldat qui vomissait une bière.

Dans sa poche, Vladim a une image ramenée de là-bas et qu’il tend à Matěj.

Matěj la déchire, ne la regarde pas. Ils se battent devant nous et nous ne bougeons plus.

Bientôt, ils se taisent, se lèvent et l’on rentre chez nous.

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