Viola Hrubin – Pupek (carnet n°2) – L’anniversaire

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Demain, dix-huit ans.

Je n’ai jamais été une jeune fille. Je ne suis fille
de personne. Je ne suis pas née.

Je sais seulement très bien mordre la poussière. Et encore la mâcher,
et encore faire rouler sous mes dents des graines d’une très fine
et très délicate matière.

Je n’embrasserai jamais Matěj et, l’amour, nous ne le ferons pas.

Car, je manque de pudeur et personne n’est à la hauteur
de mon désir (de vivre, etc.).

Car, je ne suis pas vivante, mais mon corps, seulement lui,
existe et se trouve, de toute part, méconnu.

Ma parole est coupée par un million d’années
de déjà-vus.

Mon ventre ouvert par un million d’années
d’offrandes faites malgré moi.

Je détesterai le monde, si je ne le connaissais pas.

Mais j’y suis. Dix-huit années ne sont qu’une bagatelle,
pense ma mère.

Elle voudrait me faire croire que l’on peut vivre plus.

Je mange mon repas. Dans les mines de Bohême
où même la lune ne saigne pas, je m’ouvrirai les bras
pour y trouver des pierres.

Il ne sera pas dit de Viola Hrubin qu’elle a vécu « comme ça ».

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