Viola Hrubin – Pupek (carnet n°2) – L’église

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Je ne sais pas me tenir dans l’église.

Je retiens un fou rire. Les vieux et les vieilles sentent la poussière et la chair abîmée.

Je ne veux pas dire à ma mère que je ne sens jamais Dieu en moi. Mes prières sont feintes. Je place mes mains comme ça et comme ça et comme ça. Mes genoux frottent contre la pierre. Je caresse le pied d’une lourde statue aveugle, je m’incline. Mais, vraiment, je ne crois en rien.

Quand, entre les nuages, apparaissent les rayons du soleil, je ne pense pas, comme les autres, « il est là ». Je découvre mes épaules.

Petite, j’aspirais très fort la fumée des boules d’encens que faisait bouger le prêtre. Je respirais très fort. Mes narines se remplissaient. Je réprimais ma toux en soufflant le nuage entre mes dents de lait.

Un lavoir est construit sur le flanc de notre église et il s’y trouve des pièces que je voudrais voler. Les gens jettent l’argent et font des vœux qu’ils n’obtiennent jamais.

Avant de penser qu’il n’existait pas, je trouvais futile, déjà, de donner à Dieu de la petite monnaie.

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