Viola Hrubin – Pupek (carnet n°2) – La jade

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Déjà, quand je me tourne, je ne vois plus personne.
Une foule me suivait et il n’en reste rien.
Le peuple de mon corps s’est lentement appauvrit
Et si je peux sourire, c’est d’une joie sans bruit,
Contenue dans une malle et rangée sous le lit.

Je ne veux plus mon âme. Sentir que je vais vivre
Jusqu’à la fin des temps. Je pense à mes doigts vieux
De vieille dame et je me sens trahie.
Mon corps va mourir et partout je le sens.

Déjà, je me souviens de gestes que les gens ne font plus.
Dans le puits, quelque fois, je touche mon visage
Et je le ride aussi.

Je suis une enfant et je suis déjà morte. Pupille
D’un incendie éteint. Je suis mère d’une fille
Que personne ne voit et je veux un regret,
Un seul, valable mille fois et que je garderais,
Sur mon cou blanc et nu, comme un collier de jade.

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