Le confinement – Jour 4

Quelque part dans un livre, le Sursis de Sartre peut-être, est décrite la proximité aberrante de l’évènement et du quotidien, de l’horreur et de la joie.

Mon confinement ne ressemble pas aux quarantaines que j’étudiais à vingt ans. Elle n’est pas non plus la fuite en avant du hussard ni le corps dévoué entièrement, jusqu’à la mort, de Rieux ou Tarrou.

Hier, l’été était sur le balcon, comme une flaque. Allongé, je sentais le parfum du tissu chaud et ma peau brûlait. En face, deux jeunes filles buvaient à la fenêtre. S’il est vrai qu’une catastrophe est un renversement, alors j’en suis très loin. Je suis, comme dirait l’autre, encore « puceau de l’horreur » et si tout se passe bien alors l’évènement n’aura été pour moi qu’une certaine manière de vivre pendant un certain temps.

Ce privilège m’interroge. Ai-je le droit d’écrire le journal d’une expérience que je ne vis qu’à peine ? En pleine nuit, j’ai pris l’habitude d’ouvrir la fenêtre de ma chambre pour voir si, dans les environs, quelque chose avait changé. Pour l’instant, je ne vois rien. Même silence et même promenade murmuré des oiseaux.

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