Le confinement – Jour 5

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Confinement – Jour 5

Je ne fais rien d’utile.

Dans la ruelle, en bas, les voisins passent sans me voir.

Je pense à tous ces lieux que je n’ai jamais explorés entièrement. Le lycée d’autrefois. Plein de pièces, de couloirs, d’étages que je n’ai jamais pris le temps d’aller voir. Des dizaines de bâtiments et de lieux où je n’irais plus. Lacunes, marais, cabanes ou bosquets à peine habités, indistincts, fragmentés.

Et ce volet qui claque, dans la nuit. Je l’entends. Il claquerait longtemps, si je ne pouvais sortir. Il claquerait encore.

La rue est lentement dénudée de son pouvoir premier. Je ne m’y déplace plus. Y être est une anomalie. Les gens qui y passent n’y sont qu’à demi. Comme des mimes.

Ce matin, avec Julie, nous avons bu du café, du jus pressé et regardé le blanc noueux des nuages. Depuis le balcon, la ville redisposée dans son étrangeté. La pierre revenue à son état de muraille.

Je ne fais rien d’utile.
Je joue du piano.
Je mange et j’écris peu.
Je lis ce que je peux

 

Le confinement – composition

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