Le confinement – Jour 20

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Je crois que mes rêves sont envahis de fougères. Ces mêmes fougères où je grimpais enfant, me suspendant aux feuilles et attendant la chute. Les images, les paroles baignent dans ce lit depuis maintenant vingt jours. La machine des images ne crache que des déchets.

L’horizon est plié, replié, plusieurs fois comme un origami dont nous serions le centre. Demain, s’il s’ouvre, il conservera la marque de nos mains : nous déferons le lit où nous dormons encore et les draps seront formés à la forme d’un corps.

Plus que jamais, je me sens à la périphérie – habitant d’un pavillon à la marche du monde, oreille tendue qui cherche le moindre bruit.

L’appétit des images est tel qu’une sorte de nausée monte et couvre tout. Je veux l’immobile. L’immobile et c’est tout. Se mouvoir est une non seulement devenu interdit, mais aussi impossible. Il m’arrive d’attendre, au réveil, avant de bouger un seul de mes muscles et, une seconde, je crains d’être figé définitivement. Je sens ma peau sur le moindre espace disponible du matelas. Je sens ma tête qui repose et qui ne bouge pas. Je veux être cela.

Tournant, retournant, entourant le centre du centre de l’endroit où je suis. Chez-moi. Lit d’un lac placide et froid. Vie endormie doucement. Souffle allant baissant jusqu’à ronfler en moi. Bille qui roula trente ans jusqu’à son lieu naturel.

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